Notice bibliographique

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Type(s) de contenu et mode(s) de consultation : Texte noté : électronique

Auteur(s) : Iōánnou, Giṓrgos (1927-1985). Auteur du texte  Voir les notices liées en tant qu'auteur

Titre(s) : Douleur du vendredi saint [Texte électronique] / Yòrgos Ioànnou ; traduit du grec par Michel Volkovitch

Publication : [Montpellier] : publie.net, MàJ 2013

Description matérielle : 1 ressource dématérialisée

Taille de la ressource : 1.15 Mo

Détail : 1 fichier : EPUB

Collection : Publie.Grèce

Lien à la collection : Collection Publie.Grèce 

Autre(s) auteur(s) : Volkovitch, Michel (1947-....). Traducteur  Voir les notices liées en tant qu'auteur

Identifiants, prix et caractéristiques : ISBN 978-2-8145-0214-7 : 4,99 EUREAN 3612220350666 (fichier  EPUB)EAN 9782814502147 (multiformat)



Voir aussi : Publication alternative dans un autre support/format : Douleur du vendredi saint [Texte imprimé], ISBN 978-2-37177-193-2

Identifiant de la notice  : ark:/12148/cb458599874

Notice n° :  FRBNF45859987 (notice reprise d'un réservoir extérieur)

Résumé : Yòrgos Ioànnou, Douleur du Vendredi saint présentation par Michel VolkovitchYòrgos Ioànnou n ayant jamais écrit que sur lui-même, de façon souvent très allusive, quelques indications sur sa vie ne feront pas de mal au lecteur. Ioànnou naît à Thessalonique en 1927 de parents réfugiés, chassés de Turquie un peu plus tôt. Le père est cheminot, le fils devient professeur de lettres classiques. Il exerce un peu partout en province, et même en Libye pendant deux ans son seul voyage hors de Grèce. Il publie deux minces recueils de poèmes et un de prose. En 1971, à quarante-quatre ans, quand paraît Le sarcophage , il est encore pratiquement inconnu. Le sarcophage est l histoire d un couple. Elle, c est Thessalonique, ville d enfance et d adolescence, mère détestée autant qu aimée. Lui, c est l auteur lui-même. Ces 29 textes brefs forment une autobiographie à peine transposée. Ioànnou n invente pas ses histoires : on n écrit bien, dit-il, que sur ce qu on a soi-même vécu. Plutôt que des nouvelles, ces textes sont des « proses », comme il les appelle, à mi-chemin entre l autobiographie, la fiction et l essai. Ajoutons-y la chronique : Ioànnou ne cesse d entrelacer drames personnels et collectifs. Le charme et la force de ce livre, et des suivants, viennent en partie de là, de cet équilibre entre le je et le nous. En fait, mine de rien, par petites touches, brefs coups de projecteur, c est l âme grecque tout entière que capte Ioànnou. Tout est là, senti, vécu : l héritage antique, la religion byzantine, les traditions populaires la « Grèce éternelle », encore vivante alors, survivante aujourd hui. Il fallait, pour la rejoindre ainsi, un homme à la fois savant et simple, comme Ioànnou ; un homme que sa culture a mené vers ses racines lointaines sans l éloigner de ses origines populaires, non moins précieuses pour lui. Mais si les récits de Ioànnou fascinent à ce point, c est qu à travers la chronique son auteur va plus loin, plus profond ses écrits tournent toujours autour de la grande révélation de sa jeunesse : la force d Éros, de Thanatos, et surtout les liens secrets qui les unissent. Éros, pour Ioànnou, est une blessure perpétuelle. Il désire les hommes, dans un temps et un lieu où la chose n est plus permise, ou pas encore. L écriture chez lui naît en grande partie d un besoin lancinant de se confier, d avouer une douleur inavouable, de vaincre une solitude infernale, de se libérer d une masse de culpabilités ; écrire est une confession. Ou plutôt (et le lecteur y gagne) une demi-confession : ce qui donne à ces pages cette tension, cette urgence, c est la lutte intérieure et les ruses infinies de quelqu un qui crève à la fois d envie de tout dire et d angoisse d avoir tant à cacher. D autant qu au tourment intime s en est joint un autre, collectif, pendant toutes les années de la dictature des Colonels, avec tous ses interdits, ses répressions cruelles et les prudences verbales qu elle impose. Après Le sarcophage , Ioànnou quittera pour toujours sa ville natale où il étouffe. Devenu athénien, il écrira encore deux livres d essais sur Thessalonique et d autres recueils de proses, dont Le dernier héritage , digne prolongement du Sarcophage , et surtout, publié en 1980, le flamboyant Douleur du Vendredi saint . Que s est-il passé ? Voici le livre le plus étonnant de Ioànnou. On reconnaît bien son monde et pourtant tout a changé. L auteur est toujours là, au coeur de ces récits composites, inclassables même si, à vrai dire, la part de fiction semble ici plus grande, même si l auteur-protagoniste se dissimule à moitié parfois, passant du je au il et même, une fois, sans doute, au elle... On reconnaît aussi les thèmes solitude, amours impossibles, union de l amour et de la mort, du sexe et du sacré, du désespoir et de l espérance. Il est vrai que cette fois le narrateur s enhardit, l autocensure se relâche, l aveu se fait nettement plus explicite. Mais la grande nouveauté, c est un spectaculaire changement de voix. L écriture ancienne de Ioànnou, brève, ramassée, à la fois dense et trouée de silences du court qui en dit long est soudain balayée par un grand souffle, comme si une digue cédait soudain, et un torrent de mots déboule tout au long de paragraphes immenses, de phrases qui n en finissent pas, dans des histoires qui sentent l insomnie et la fièvre, hallucinées, égarées, où les lieux et les temps parfois se mêlent, brûlantes, où parfois l on se perd. Le sommet de cette vague ou le fond de ce tourbillon , c est sans doute la nouvelle éponyme, aux phrases débordantes, grouillantes comme la foule, étouffantes comme le parfum des fleurs, obsédantes comme des chants d église, scandées par des citations des Écritures à la fin des paragraphes « comme des points d orgue ou des stations sur le chemin de croix », m écrit l auteur dans une lettre en 1982. Toute la sensualité que les Grecs ont mise dans la religion, cet étonnant mélange de Jésus et de grand Pan toujours vivant, aucun texte ne l a aussi bien montré, je crois, que ces dix pages illuminées. Elles resteront ce que Ioànnou a écrit de plus fort et de plus fou, mais les douze autres nouvelles du recueil sont à peine moins frappantes, par l étrangeté des situations, leur érotisme imprégné d angoisse, l accord entre héritages païen et byzantin, et par l audace exacerbée d une écriture aventureuse, tâtonnante par instants, excessive, mais dont les excès eux-mêmes sont nécessaires. Ioànnou n ira pas plus loin. Il reviendra plutôt en arrière dans ses derniers textes. Il meurt prématurément, en 1985, à cinquante-sept ans, laissant d autres proses, des traductions du grec ancien et du latin, des recueils de contes, de chants populaires, de pièces pour le théâtre d ombres. Il m a donc laissé seul au moment où je m apprêtais à m occuper de lui. Le traduire a toujours été pour moi une obsession. J ai à peine connu l homme, je ne partage pas ses choix amoureux, mais ses choix d écriture sont tout proches des miens. Ses écrits ne sont pas seulement parmi mes préférés, toutes langues confondues ; si je me suis mis à écrire, c est en partie grâce à eux ; ce sont eux surtout qui m imprègnent et que j imite sans le savoir quand je délaisse les Grecs pour l écriture en solo. Entre mes premières traductions de Ioànnou et celles que j achève aujourd hui, vingt ans ont passé. M ont freiné divers obstacles matériels, éditoriaux par exemple. J ai eu la chance de caser dans une revue le texte initial, mais quel éditeur français, avant publie.net, aurait osé publier l ensemble ? Une splendeur si insolite ! Des nouvelles en plus, genre méprisé chez nous ! La présente édition propose onze textes sur treize. Certains passages, obscurs pour les Grecs eux-mêmes y compris parfois pour les familiers de l écrivain reçoivent une tentative d explication dans les notes. Ma traduction arrondit un peu certains angles, mais j aurais dénaturé le texte en y versant trop de lumière. Un grand merci à Ghislaine Glasson-Deschaumes qui accueillit Ioànnou jadis dans la revue Lettre internationale, ainsi qu à Dìmitra et Mihàlis Milaràkis, soeur et beau-frère de l écrivain, et Orsalìa Synteli, qui m ont patiemment guidé dans certains passages obscurs. MV [source éditeur]

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