Notice bibliographique
- Notice
Type(s) de contenu et mode(s) de consultation : Image fixe : sans médiation
Auteur(s) : Bresse, C. (17..-17.. ; graveur). Graveur
Titre(s) : La Montagne accouchant d'une souris // ou la Prophetie accomplie dans le Luxembourg. [Image fixe] : [estampe] / Bresse fesit.
Publication : [S.l.], [1784]
Description matérielle : 1 est. : eau-forte ; 15,9 x 17,2 cm
Note(s) : Estampe satirique : perché sur une montagne, à g., un gros matou a les yeux fixés sur un ballon qui éclate et laisse choir quatre aéronautes ; dans le champ voisin cependant, un âne, béatement contemplé par deux superbes dindons, ne peut se tenir de brouter quelque chose. En marge, sur 2 colonnes, commentaire versifié de 13 vers à l'appui : "L'An mil sept cent quatre-vingt-quatre, // Un chat miaulant faisant le Diable à quatre...". - Allusion à la mésaventure survenue le 11 juillet 1784, dans le jardin du Luxembourg, à la machine aérostatique, dont l'abbé Miollan et le graveur Janinet endossaient la paternité. L'affaire avait été montée à grand bruit : "Point d'expérience aérostatique depuis celle de M. Charles qui ait plus occupé le public. Ils y travaillent depuis le mois de mars dernier. L'Observatoire était leur atelier. Outre les deux auteurs, il doit monter dans la machine deux autres voyageurs, le marquis d'Arlande et M. Bredin méchanicien. C'est au Luxembourg, dans la partie vague et dépouillée d'arbres, que l'ascension doit se faire. On n'y entrera que par le Luxembourg, qui lui-même sera ferme. Toutes les précautions sont prises pour qu'on ne puisse être admis que par billet de 3 livres..." (Bachaumont, "Mémoires", 10 juillet 1784, XXVI, p. 105). - Des essais eurent lieu les 17 et 30 juin, qui parurent satisfaisants. Mais le jour de l'épreuve décisive, ce fut un désastre. Le damné ballon fit preuve d'une mauvaise volonté évidente. Il refusa obstinément de se laisser gonfler et, plutôt que de céder, préféra prendre feu. Couverts de honte, ses auteurs malchanceux devinrent la risée de tout Paris. Mais laissons la parole à un confrère de Janinet, le graveur Wille qui partageait l'enthousiasme de ses contemporains pour les nouveaux essais aérostatiques : "Cette machine, notait-il le jour même dans son journal, la plus grande de toutes celles qui avaient déjà été lancées en l'air, devoit partir du jardin du Luxembourg, où elle avoit été transportée le jour d'auparavant. Comme il faisait un temps admirable, je proposai à ma femme de la mener au Luxembourg, même moyennant la somme de trois livres par personne, pour y voir de près l'élévation de ce ballon, qui avoit cent dix pieds de haut... mais elle ne voulut point consentir à être dans une foule de monde aussi considérable que celle qui devait y être. Nous allâmes donc au nouveau boulevard, chez un jardinier de notre connoissance ; la, nous étions... le mieux du monde pour voir le départ de la machine. Il y avoit dans cette partie également un peuple infini... La machine devoit partir à midi précis ; mais les pauvres auteurs, n'ayant pu parvenir à remplir leur ballon d'air inflammable, y mirent au contraire le feu, qui le consomma entièrement, et nous ne vîmes de notre place qu'une fumée épaisse. Cela arriva vers les deux heures. L'abbé Miollan et l'ami Janinet, voyant que tout étoit perdu, jugèrent prudent de prendre la fuite, cependant, sous la protection de la garde, dont bien leur en prit, car de ce moment les spectateurs arrachèrent la barrière composée de planches et de charpentes, et les jetèrent dans le feu "ballonique", et toutes les chaises qui leur avoient servi par-dessus, si bien que ce feu étoit un feu d'enfer ; la garde même, quoique nombreuse, n'a pas osé s'opposer à la fureur de ce peuple.". - Les dindons de payants, qui n'en eurent point pour leur argent, eurent du moins la consolation d'être vengés par les caricaturistes et les chansonniers (qui, bien entendu, ne s'en firent pas faute). Durant une bonne semaine et même plus, une grêle de brocards et de caricatures chut sur l'échine des deux protagonistes de la tragi-comédie. Janinet avait l'imprudence de s'intituler "physicien" ; on le tint désormais pour un âne (asinet). Quant à son compère le chat, il ne fut pas ménagé davantage et l'on s'avisa, entre autres choses, que l'anagramme de l'"abbé Miollan" était justement, ô prédestination, "ballon abîmé". Caricatures et chansons se trouvent dans le rec. Ib. 2 (fol. 69-88), qui contient en outre (fol. 65) un morceau de l'enveloppe du malheureux ballon et un bulletin de souscription de 6 livres, signé Miollan et Janinet, donnant droit à l'entrée dans la première enceinte. Dans la coll. Hennin (115, 9) figure d'autre part un billet d'entrée (gravé) de 3 livres. - Notice chargée sans modification à partir de l'Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle
Référence(s) : Inventaire du fonds français, graveurs du dix-huitième siècle. Tome III, Bizemont-Prunelé (Comte de) - Cars (Laurent) / Bibliothèque nationale, département des estampes ; par Marcel Roux,... - Bibliothèque Nationale (Paris), 1934, article BRESSE (C.), n. 3 = IFF18 BRESSE (C.), 3
Identifiant de la notice : ark:/12148/cb445352426
Notice n° : FRBNF44535242
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